Critiques HUMEURS

« L’apollonide » de Bertrand Bonello, LE FILM de l’année, selon MOI

3 mars, 2012

Mon histoire commence en août 2011 au moment où je découvre la bande annonce du dernier film de Bertrand Bonello, « l’Apollonide ». Ce film a l’air pas mal du tout. Allez, Logan, ce mois-ci tu trouves un moment et tu vas le voir. Quelques semaines plus tard je me décidai enfin. Ce soir là, j’étais, pour l’occasion, rentrée un peu plus tôt du boulot. J’avais mangé un morceau, m’étais lavée les dents, pris un peu de monnaie dans le vide poche à l’entrée. Puis je m’étais dépêchée de prendre le métro pour me rendre au ciné. Arrivée devant l’UGC qu’elle ne fût pas ma daffiche-apollonideéception quand je vis que mon film n’était plus à l’affiche. A la place il avait mis un film avec Franck Dubosc, une histoire de croisière, je crois. J’avais fait pas mal de route pour arriver jusqu’ici alors j’ai un peu hésité à allez voir la croisière s’amuse. Et puis ma tête a eu raison sur mes jambes fatiguée, je suis rentrée chez moi. Ce film fera surement naufrage, me dis-je. Sur le chemin du retour je me suis juré que dès sa sortie en DVD je me dépêcherai d’aller l’acheter. Six mois après le DVD est sortie, je l’ai acheté et me suis empressée de le regarder.

Quelle claque ! J’ai adoré !

L’histoire se passe  au XIXe siècle dans une maison close. Le film débute en novembre 1899 puis on va basculer dans un second volet en mars 1900. Les filles évoluent dans des décors de rêve : Le mobilier, les tableaux, les tapisseries baroques, les corsets, les robes, les pipes d’opium, Ninon la panthère qui sera l’instrument de la vengeance des prostituées.

Parmi les filles on a la maîtresse de maison : Marie France. Julie qui a pour habitué Maurice. Clotilde a son Michaux qui veut toujours reluquer son sexe. Michaux est en réalité Gustave Courbet le peintre qui a réalisé le tableau L’origine du monde en 1866 où l’on voit en gros plan le sexe d’une femme. Il y a aussi Léa qui dit aux clients qu’elle ne veut plus coucher avec eux en leur offrant une touffe de ses poils pubiens. Samira, l’algérienne, jouée par Hafsia Herzi révélée dans « La graine et le mulet » d’Abdellatif Kechiche. Et puis il y a Madeleine, dit « la juive ». L’intrigue tourne autour d’elle et de son sourire. Elle rêve que son habitué la demande en mariage. Mais son rêve va se transformer en cauchemar. J’en dis pas plus à ce sujet.

Arrive ensuite Pauline, elle a seulement 15 ans et elle va causer quelques bouleversements dans la maison où chacun avait sa place.

« L’Apollonide » c’est un monde d’amitié, d’amour, de rêves et de fantasmes mais aussi de maladie, de violence, de tristesse et de mort. Pauline rentre dans la maison close pour être libre mais Marie-France a raison : « on est dans une maison close ici, la liberté c’est dehors, c’est pas ici ». Comme elles nous sommes enfermés dans la maison. Bonello nous séquestre dans les lieux pour notre plus grand plaisir.

Les dernières minutes du film sont tout simplement splendides. Amitié, vengeance et fatalité.

« Putain un jour, putain toujours » comme dit Clotilde. La maison close a fermé ses portes. Les filles attendent sur le trottoir Michaux, Maurice et les autres.

 


Teaser vf – L’Apollonide – souvenirs de la maison close

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