Critiques HUMEURS

Quand Emmanuel Carrère nous raconte « Limonov »

20 mars, 2012

J’avais entendu beaucoup de bien sur ce livre. Beigbeder a dit qu’Emmanuel Carrere avec son « Limonov » méritait le Goncourt. Bon comme le Goncourt il l’a pas eu, je me suis tiens, Logan, tu vas faire une bonne action. Tu vas lire son livre, ça le consolera peut-être.

Je me rends à ma librairie habituelle. Ouais habituelle, ça fait style je lis des tonnes de livres. Il est là, il m’attend, là, juste devant l’entrée. Ou la sortie ça dépend si on rentre ou si on sort. Bref, il est là. Je le prends en main, je le feuillette et là gros réflexe de feignante : je regarde combien de pages il fait. 489 ! Waouh, ça va être dur ! 489 ! Waouh, ça va être long ! Dur et long, hum, ça peut me plaire ça. Allez, j’achète.

Me voilà rentrée chez moi avec mon Limonov. J’attaque la lecture. Et là dès les premières pages j’ai su que ce livre allait me plaire.

limonov-renaudot-e1332746028162Emmanuel Carrère raconte, dans un style entre roman et reportage, la vie de l’écrivain le plus barré de Russie, Edouard Savenko dit Limonov. Limonov c’est un personnage hors norme qui nait en Ukraine en 1943 et qui va bouger en Europe, en Russie et aux Etats-Unis puis va retourner en Russie. Limonov n’est pas mort il s’est d’ailleurs présenter aux dernières élections en Russie mais l’histoire s’arrête avant, elle termine en 2009.

Limonov est tantôt apprenti poète et voyou marginal sous Brejnev, écrivain punk à New York où il s’installe en 1979. A Paris dans les années 80,  il mène une vie de vagabond. Puis il retourne en URSS en 1989, c’est la chute du communisme et le rétablissement de la Russie. Il devient chef du parti néo-bolchevik-nationaliste (les nasbols), il prend parti du côté des Serbes dans le conflit serbo-croate, mais soutient aussi la journaliste Poliktovskaïa, puis il fait de la prison pour ses positions anti-Poutine.

A L’issu de ce livre, je ne sais pas quoi penser de Limonov. C’est un sale con d’égoïste fasciste et un poète amoureux à la fois. Un gars amoureux D’Elena, d’Ana. Un mec qui aime baiser avec des « grands nègres », qui vit une histoire avec une nympho, un pauv’ type qui se fait larguer pour un autre plus beau que lui. Un fasciste anti-Poutine, mais est ce qu’être anti-Poutine c’est mal ? Bref, comme dirait Arlette, à vous de juger.

Je veux dire à ceux qui quand j’ai dit 489 pages se sont dit : 489 pages, jamais de la vie. Et les gars y a grave de sexe dedans, lisez le !

En tout cas ce livre m’a donné envie de lire les livres d’Edouard Limonov et d’ailleurs je vous laisse je vais me plonger dans son univers de taré avec son « Journal d’un raté » avec un petit verre de vodka.

Naz drowié !

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2 Comments

  • Reply
    Eric
    30 août, 2013 at 00:49

    SAlut Sève,
    je réagis avec beaucoup de retard, mais je viens de découvrir ton compte rendu sur Limonov.
    Moi aussi après la lecture du livre d’Emmanuel Carrère, je me suis lancé dans les oeuvres d’Edouard Limonov : et ça été un choc. J’ai découvert un immense écrivain.
    Je viens même de faire un site consacré à Limonov , avec pas mal d’infos inédites, des analyses, et des vidéos difficiles à trouver sur le net.
    TU verras, c’est assez jouissif, car le bonhomme est encore plus extraordinaire que ce qu’en dit Carrère :

    http://www.tout-sur-limonov.fr/

    n’hésite pas à me faire savoir ce que tu en penses
    Amitiés,
    Eric

    • Reply
      Sève
      30 août, 2013 at 05:56

      Bin moi je vais me lancer, comme toi, dans la lecture de Limonov. Il va falloir car j’en ai drôlement envie. Je te dirai ce que j’en pense à ce moment là… A plus, sève

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